L'entreprise méfiante face aux réseaux sociaux

L'Internet n'en finit pas de bouleverser les habitudes, c'est entendu (et ce n'est qu'un début). Le quotidien économique "Les Echos" vient de publier un article ô combien instructif en la matière. Je me suis permis de l'annoter de-ci de-là pour confirmer - ou infirmer - certains arguments en avançant, comme de coutume, des retours sur expériences, très très concrètes, qui existent, sont vérifiables et constatées concrètement sur le terrain. Morceaux choisis...
L'Internet n'en finit pas de bouleverser les habitudes
A peine vient-il de faire - via le réseau social en ligne Facebook - les beaux jours de la campagne présidentielle de Barack Obama que le service de « micro-blogging » Twitter offre déjà ses fonctionnalités aux contestataires de la dernière élection présidentielle iranienne. L'objectif initial de réserver ces technologies à des fins amicales ou communautaires - pour échanger photos, idées et vidéos - est bel et bien dépassé puisqu'il déborde aujourd'hui sur bien d'autres sphères : associatives, politiques et de plus en plus professionnelles.
Concrètement, cela est vrai
Nous pilotons depuis quelques semaine un Viadéo dédié à LOGItram (leader mondial des logiciels de BTP) et - effectivement - cette première expérience atteste très concrètement que Viadéo est un excellent outil pour promouvoir une action sur le web. Le Facebook de la discothèque l'Hacienda n'en finit pas de concrétiser concrètement ce fait. Nous avons inauguré le nouveau Facebook de l'un de nos clients - Animal & Co - et sommes en train de finaliser un Facebook réservé à la nouvelle cellule communication du club de foot des Chamois Niortais.
Le problème est que les entreprises se méfient
Elles justifient leurs craintes par l'évocation de risques de réputation et de divulgation d'informations confidentielles. Sociabiliser en ligne depuis le lieu de travail pèserait aussi, d'après elles, sur la productivité (Facebook ferait perdre quelque 260 millions de dollars par jour aux entreprises anglaises !). Sans compter enfin que télécharger des photos et vidéos ralentit le système informatique et qu'ouvrir les systèmes maison aux réseaux sociaux accentue les risques de piratage.
Le problème n'est pas tant dans ces outils eux-mêmes mais dans l'utilisation que l'on en fait.
Si l'on part dans ces réseaux sociaux, il incombe au préalable de définir son déploiement. Il ne faut pas laisser faire cela de manière désordonnée. Une bonne implantation passe par un constat, un diagnostic et la mise en place de ce que nous appelons "une feuille de route". Un A4 simple doit suffire, pas la peine de générer un mémo de 20 pages. Lister "pourquoi" on implante son entreprise sur Facebook et - bien évidemment - "comment". Pas si facile. Fréquence des mises à jour, réactivité, actions... tout ceci entre dans un "process" qu'il incombe de bien évaluer et surtout de maîtriser, comme pour toute action commerciale au sein d'une entreprise normale, au final.


Il n'empêche.
L'hebdomadaire économique américain « BusinessWeek » a beau recenser 50 PDG ou patrons d'entreprise utilisateurs de Twitter (du britannique Richard Branson au PDG de Sun Microsystem, Jonathan Schwarz), en France, l'attitude des dirigeants oscille plutôt entre indifférence et méfiance. Beaucoup d'entreprises ne se sentent pas concernées par le phénomène Twitter ou Facebook car elles estiment qu'il s'agit là de réseaux purement sociaux. Pourtant, les salariés n'hésitent plus à parler de leur entreprise non seulement sur des réseaux professionnels en ligne de type LinkedIn et Viadeo mais aussi via des outils comme Twitter et Facebook. « ''L'employeur ne dispose d'aucun moyen de contrôle des contenus véhiculés via les réseaux sociaux personnels...
« Etablir trop de règles et contraintes est contre-productif.
Le mieux est une ligne de conduite conforme aux principes et à l'éthique de l'entreprise », prévient Sharon Allen, « chairman of the board of directors » du cabinet Deloitte LLP dont l'étude ne dénombre que 17 % des dirigeants à avoir formalisé la façon d'encadrer le risque généré par l'utilisation des réseaux sociaux. « Il faut tout prévoir : qui est propriétaire des informations divulguées sur le réseau social ? Que se passe-t-il en cas de rupture du contrat de travail », énumère Christiane Feral-Schuhl. « ''Sauf à voir les critiques de ses propres salariés s'afficher sur Facebook, plus pernicieuses alors et totalement incontrôlées.
Aucune entreprise ne pourra dans les deux ans qui viennent ignorer la formidable vague de fond des réseaux sociaux»
prédit Alain Bentolila. En toute humilité, j'ai envie de citer notre ami Jean de La Fontaine et la célèbre fable du lièvre et de la tortue : "Rien ne sert de courir, il faut partir à point".
N'hésitez pas à me laisser votre commentaire là-dessus.

Crédit photo : © Olly - Fotolia.com
Merci à Muriel Jasor - Les Echos - intégralité de l'article :
http://www.lesechos.fr/management/actu/4879463-l-entreprise-mefiante-face-aux-reseaux-sociaux.htm?xtor=RSS-2128


le sujet m'intéresse beaucoup, de mon coté j'ai
Vianney | mercredi 15 juillet 2009 | 16:36le sujet m'intéresse beaucoup, de mon coté j'ai constaté que parfois, lorsque les dirigeants d'une entreprise ne sont pas pas à l'initiative, ce sont les salariés qui spontanément, vont créer un groupe pour se retrouver sur fb ..
@Vianney : Vrai. J'ai constaté un phénomène
Jean-Christophe Gilbert | mercredi 15 juillet 2009 | 17:37@Vianney : Vrai. J'ai constaté un phénomène analogue avec les Chamois Niortais. C'est un comble, mais il illustre si besoin était la grande difficulté à entraîner un changement profond des mentalités des dirigeants. Un travail de fourmi ! Merci pour ce témoignage.