Deux exemples :

  1. sous prétexte de financer l’audiovisuel public sans trop pénaliser les comptes des chaînes privées, certains députés proposent de créer une taxe sur le chiffre d’affaires publicitaire des sites internet... Belle idée !! Quasiment aucun site Internet français ne parvient aujourd’hui à équilibrer ses comptes, et alors que le marché publicitaire est lui aussi victime de la crise économique mondiale, nos amis députés souhaitent priver ces sites de 3% à 6% de leurs revenus... Belle prise messieurs !! Savez-vous que certains gros acteurs envisagent la délocalisation pour bénéficier de conditions favorables ? Savez-vous que pour un site d’actualité comme Le Monde.fr, le Figaro.fr, L’Express.fr ou Les Echos.fr, cette taxe signifie l’équivalent de 2 à 5 postes de journalistes ? Savez vous qu’avec cette formidable manne, vous ne financerez même pas une semaine de production de «Plus belle la vie» ? Alors que se tiennent les Etats Généraux de la Presse et que, d’évidence, Internet constitue une voie de développement majeure pour celle-ci, Messieurs les députés, ne trouvent rien de mieux qu’hypothéquer l’avenir de celle-ci... Au lieu de taxer la publicité sur Internet, il serait largement plus opportun de financer le développement des éditeurs de contenus et de services en ligne et de créer ainsi les conditions de soutien à l’innovation.
  2. le projet de Loi Création et Internet menace le principe de neutralité technologique, réseau mondial, et discrimine les acteurs français en instaurant un filtrage systématique proche de la censure imposée ailleurs par des dictatures. Alors que dans de nombreux pays les internautes peuvent accéder légalement à des millions d’oeuvres, les utilisateurs français voient leur choix limité à un catalogue d’oeuvres ridicule. Comment pouvez-vous souhaiter que l’ensemble des Français n’aient qu’un accès partiel aux contenus et services proposés via les réseaux numériques ? Vous avez une chance historique de garantir la mise en place des conditions de l’offre légale en ligne, pourquoi vous contentez-vous de mettre en place un système répressif et protectionniste d’un autre temps ?

Puisque vous siégez et souhaitez réformer l’Internet en France, aidez-le à se développer plutôt que de le tuer... Nous vous offrons une liste de mesures à adopter, des amendements à déposer...:

  • Réconcilier la culture avec les nouvelles technologies en aidant les acteurs à offrir, de manière légale, des contenus et des services répondant aux attentes des internautes comme, par exemple, l’abolition des DRM, une refonte de la chronologie des médias et leur le soutien sur Internet en garantissant un statut équivalent aux autres supports, et la prise en compte de la création par les utilisateurs eux-mêmes.
  • Donner une plus grande importance à l’économie numérique non seulement en renforçant les moyens d’action du Secrétariat d’Etat et en instaurant une Délégation Nationale au Numérique, organe d’expertise centralisateur entre les différents ministères, mais aussi en établissant un véritable relais de concertation avec les associations représentatives du marché.
  • Favoriser une régulation efficace et ciblée : instaurer un Conseil National du Numérique sous la tutelle de la Délégation aux Usages de l’Internet et du Secrétariat d’Etat. Ce conseil, réunissant les associations représentatives des acteurs du marché, aurait vocation, sur des questions sensibles, à créer et à faire évoluer les règles de déontologies en concertation avec les pouvoirs publics et les consommateurs Il ne s’agit pas de faire financer, sur des fonds publics, une énième instance, mais bien de prévoir un lieu de rencontre qui apporte des réponses concrètes et pragmatiques à des problématiques précises à un moment donné.


Le Président de la République a, dès 2008, créé un Secrétariat d’Etat de l’économie numérique, signe de l’importance accordé à ce secteur en France.

Le Secrétaire d’Etat et son cabinet ont proposé il y a quelques semaines, un plan pour placer la France parmi les grands pays de l’Internet.

Et vous ?

Souhaitez-vous vraiment stopper le développement de l’Internet français ?

Nous ne pouvons pas y croire.

À force d’ignorer les réalités de notre marché et d’en fantasmer les contours, vous menacez gravement le développement de l’Internet, sans volonté de nuire... Messieurs les députés, nous vous alertons sur la portée de vos votes.

Source de cet article : Fondé en 1987, le GESTE (Groupement des Editeurs de Services en Ligne) regroupe une centaine d’éditeurs de contenus et de services en ligne issus des médias (presse, radios, télévision), ainsi que des éditeurs indépendants (pure-players internet et éditeurs mobile). Le GESTE a pour objet de créer les conditions économiques, législatives et concurrentielles indispensables au développement de l’édition en ligne. Ses principales missions sont de :

  • Réunir et échanger : cette structure unique réunit un grand nombre d’éditeurs, acteurs de l’Internet français, au sein de commissions afin de formaliser des positions communes défendues auprès des instances concernées.
  • Concerter et proposer : le GESTE est une source incontournable de propositions auprès des pouvoirs publics et structures définissant le cadre légal et économique pour l’Internet en France.
  • Informer : le GESTE est un relais d’information majeur sur l’édition en ligne en France.

Plus d’informations sur www.geste.fr